Une rentrée chaotique...

vendredi 16 septembre 2011

Luc Chatel, ministre de l’Education Nationale, annonce une rentrée tranquille. L’inspecteur d’académie de l’Aveyron renchérit en affirmant qu’elle se passe au mieux... Les 80 000 postes supprimés seraient justifiés ? Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ?
Les rois de la communication nous trompent ! Ils continuent leur travail de démantèlement de l’Education Nationale.

Sud éducation dénonce la précarisation croissante des personnels qui se poursuit, le nombre de candidat-e-s recruté-e-s est loin de compenser les suppressions ! De plus ce personnel précaire n’est pas formé et est recruté en dépit du bon sens. Les rectorats ont des listes de personnes susceptibles d’assurer des remplacements. Elles sont très largement insuffisantes, les proviseur-e-s doivent donc faire appel à pôle emploi. La réciproque est vraie puisque Pôle Emploi prend l’initiative de proposer aux établissements scolaires des chômeur-se-s même s’ils/elles ne sont pas intéressé-e-s par ce métier. Ces dernier-e-s sont obligé-e-s d’accepter car sinon il-elle-s perdraient leurs droits... La précarisation nuit à la qualité de l’enseignement donné aux élèves dans les établissements scolaires.

Certains postes ne passent pas au mouvement des mutations car ils sont bloqués pour des stagiaires. Mais à la rentrée, quand aucun-e stagiaire n’est nommé-e sur le poste réservé, il faut faire appel à des contractuel-le-s. Les titulaires ne peuvent donc pas occuper le poste, c’est le cas par exemple au lycée de Villefranche de Rouergue où une TZR (titulaire de remplacement) était intéressée, mais doit finalement faire les déplacements sur Rodez (frais supplémentaires...)

On nous parle beaucoup de l’insertion des handicapé-e-s dans les établissements scolaires : l’initiative est louable, mais les moyens ne suivent pas toujours. C’est le cas dans une école maternelle à Onet le Château où l’AVS (auxiliaire de vie scolaire) n’est pas encore nommé-e. Donc le personnel se retrouve avec une charge de travail supplémentaire (le professeur des écoles, mais aussi le personnel de cantine...)

Sud éducation déplore la formation insuffisante des stagiaires qui sont mis directement en responsabilité devant les élèves.

Sud éducation conteste le détournement programmé des missions d’éducation et d’enseignement vers toujours plus de fichage, d’évaluation et de surveillance. Une enseignante nouvellement nommée, enseigne en classe unique et doit donc faire office de directrice d’école. Elle s’est vu convoquée par l’Inspecteur d’Académie de l’Aveyron pour s’expliquer sur son refus de remplir le fichier base élève. Sud éducation 12 la soutient dans sa lutte contre le fichage de ses élèves, ainsi que les autres directeur-rice-s qui, malgré les menaces et les sanctions, continuent leur combat justifié.

Sud éducation dénonce la soumission des programmes aux impératifs du marché, des entreprises et des intérêts privés comme le prouve la marche forcée vers plus d’apprentissage au détriment de la formation initiale sous statut scolaire dans les lycées professionnels. Le socle commun est focalisé sur les compétences utiles pour les entreprises et la formation critique du citoyen est laissée pour compte. De plus, les réformes sont mises en place dans l’urgence sans préparation, par exemple la filière STI2D ou la réforme de la 1re en lycée général dont les consignes ministérielles ont été publiées au mois de juin !!!

Récemment le recteur de Toulouse a proposé une initiation à l’esprit d’entreprise en lycée par l’intermédiaire du fond d’expérimentation pour la jeunesse, le FEJ, et de la DGESCO. Il s’agit du projet Schola Ingeniosa qui a « pour objectif d’initier les élèves à la prise d’initiative ... et au goût du risque ». Une enveloppe de 350 000 euros est dégagée pour aider les projets d’établissement concernant ce thème... Pour certains projets, de l’argent il y en a ! Avec la disparition des fonds sociaux, il va y avoir des problèmes d’accueil à l’internat et à la cantine pour les enfants des familles qui ne pourront pas payer. Avant, les établissements les accueillaient en utilisant ces fonds. Maintenant ce ne sera plus possible et les proviseur-e-s seront obligé-e-s de refuser à ces élèves la pension ou la demi-pension.

La suppression de postes ne concerne pas que les enseignant-e-s puisque les infirmier-e-s, les assistant-e-s social-e-s... doivent exercer sur plusieurs établissements au détriment de la qualité de leurs missions.

Un récent rapport de l’OCDE « Regards sur l’Education » indique que le salaire statutaire des enseignant-e-s français-e-s n’a cessé de décroître depuis 1995 et ajoute que les revenus des professeur-e-s du primaire et du secondaire sont inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE ! Et pourtant on leur demande de faire plus de présence, de prendre en charge des tâches pour lesquelles il-elle-s ne sont pas formé-e-s (comme l’orientation des élèves puisque on assiste à la disparition des Centres d’Information et d’Orientation).

Pour toutes ces raisons le syndicat Sud Education Aveyron appelle tous les personnels de l’Education nationale à la journée de grève intersyndicale prévue le 27 septembre.

De même, il appelle à voter Sud Education aux prochaines élections professionnelles du 13 au 20 octobre 2011 car il ne faut pas que le paysage syndical se restreigne aux seules formations modérées. Il faut qu’un syndicalisme de lutte puisse continuer à s’opposer aux attaques répétées du gouvernement qui ne visent qu’à démanteler l’Education Nationale et à favoriser la marchandisation de l’Ecole.

Article dans la Dépêche du Midi http://www.ladepeche.fr/article/201...


Agenda syndical aveyronnais

<<

2018

 

<<

Janvier

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois