Les jardins d’éveil ou comment programmer la fin de l’école maternelle publique et sa privatisation.

lundi 20 septembre 2010


non aux jardins d"éveil privés


 La secrétaire d’état chargée de la famille , N. Morano, a annoncé la création de 8000 places en jardins d‘éveil dès l’automne dernier à titre expérimental.


En mai 2009, le sénateur aveyronnais A. Fauconnier s’insurgeait contre un manque d’égalité sociale entre les familles créé par la concurrence affichée entre les écoles maternelles et les jardins d’éveil payants gérés par les collectivités.


Le gouvernement qui veut aller vite sur ce dossier a présenté son projet en urgence le 5 mai 2009 à la CNAF (Caisse Nationale des Allocations Familiales) qui doit participer au financement de ces jardins d’éveil à raison de 1000 € par place pour l’adaptation des locaux communaux. Il faut savoir aussi que la CNAF et l’enseignement catholique travaillent ensemble et en catimini depuis début 2008 sur le dossier « jardin d’éveil.


L’école catholique s’est donc positionnée très tôt pour répondre aux besoins et ainsi avancer ses pions. C’est l’occasion pour lui de capter et de fidéliser la clientèle des plus jeunes qui risquait de lui échapper définitivement. Derrière la volonté gouvernementale de faire des économies se cache mal un magnifique cadeau à l’enseignement privé.


 Le financement des jardins d’éveil est assuré par le porteur de projet et les familles en fonction de leur revenu pour un prix de revient annuel qui ne devra pas dépasser 8000 € la place !


Le porteur de projet d’un jardin d’éveil peut être une commune ou un regroupement de communes, une administration, un établissement public, une association, un organisme mutualiste ou une entreprise. Il existait déjà en 2006, 230 crèches gérées par des entreprises.


 


Dans quelques années, une fois les subventions du conseil général, régional.... obtenues, qui devra financer ? Les familles bien sûr ! Les mères de familles défavorisées arrêteront de chercher du travail pour s’occuper de leur progéniture jusqu’au moment où l’école publique les prendra en charge vers 4 ans dans des classes de 40 élèves... Exit la qualité de l’enseignement du pôle d’excellence que représentait la maternelle française.


Ces jardins d’éveil qui seraient implantés dans des écoles maternelles ou en tout cas dans des locaux communaux visent à transférer la scolarisation des enfants de 2 /3 ans vers ces nouvelles structures payantes dans le but de faire des économies sur le budget de l’Education Nationale.


Alors que depuis 10 ans la forte augmentation démographique s’est accompagnée de la suppression de 3 559 classes en maternelle, ce projet va permettre d’amplifier les fermetures de postes dans un processus de privatisation de l’école publique pour répondre aux exigences de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques).


En moins de 5 ans déjà, le taux de scolarisation des enfants de 2 à 3 ans est passé de 35 à 22 %


Actuellement, on nous impose fréquemment un encadrement d’un enseignant et d’une ATSEM pour 35 élèves en petite section de maternelle alors que le taux d’encadrement dans les jardins d’éveil serait de un adulte pour 8 à 12 enfants de 2 /3 ans accueillis. 


Les jardins d’éveil avec leur « directeur d’établissement » et leurs « personnels d’encadrement » sont des établissements autonomes d’un « type nouveau » en dehors de l’Education nationale et rassemblant des personnels aux statuts différents dont la moitié d’emplois précaires. Ils s’inscrivent dans le droit fil du projet de loi visant à instituer les Etablissements Publics Enseignement Primaires ( EPEP) massivement rejetées par les enseignants.


 Les jardins d’éveil représentent donc une nouvelle menace contre le statut d’enseignant fonctionnaire d‘état.


 


 Sud Education demande les créations de postes nécessaires pour permettre la scolarisation en maternelle et ce dès l’âge de 2 ans pour les familles qui le désirent dans des classes de 15 au maximum en petite section. Toutes les études ont montré que l’accueil précoce des enfants en maternelle favorisait leur réussite scolaire dans les milieux les plus défavorisés.


Sud Education rappelle à cette occasion sa totale opposition aux EPEP.


Parce qu’une école publique, laïque et gratuite est une nécessité fondamentale, nous exigeons :

  • l’arrêt du démantèlement de la maternelle publique et la poursuite de la scolarisation des 2 ans qui favorise la socialisation surtout dans les quartiers sensibles
  • des conditions matérielles favorisant l’accueil des tout petits au sein des écoles publiques
  • la mise en place d’un encadrement de un enseignant + un adulte pour 15 enfants
  • le maintien et le renforcement de la formation de ces mêmes personnels dans le cadre de la fonction publique

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