L’EDUCATION EST CONÇUE COMME UN SERVICE RENDUE A L’ECONOMIE

mardi 1er mai 2012

« Les fondateurs de la IIIe république avaient assigné à l’école trois missions : former l’homme, le citoyen et le travailleur. L’école, de Jules ferry s’inscrivait donc dans une économie capitaliste en développement, qui avait besoin d’une force de travail qualifiée. Mais en tant qu’institution d’Etat, elle a rempli d’autres missions, certes de manière limitée : elle a unifié culturellement le pays, elle a élevé le niveau d’instruction…

Dans le modèle néolibéral élaboré dans les années 1980 sous l’impulsion de l’OCDE, de la Banque Mondiale ou de la commission européenne, l’éducation est conçue comme un service rendu à l’économie, d’abord parce qu’elle produit un « capital humain », ensuite parce qu’elle est une source de compétitivité économique et source de revenus individuels, via les diplômes.

La France commence à mettre en œuvre deux éléments clés de ce modèle :

- d’une part, un fonctionnement d’entreprise avec, à terme, un chef d’établissement « patron » qui recrute et évalue ses employés  ;

- d’autre part, le reconditionnement des contenus transmis par l’école. L’exemple le plus flagrant est le « socle des connaissances et compétences », dont les sept « piliers »sont des normes d’employabilité définies par les industriels.

On n’assiste pas à un progrès social qui nous débarrasse des inégalités de « l’élitisme républicain » comme certains l’on cru, mais à l’ajout de nouvelles inégalités.


La gauche qui a laissé se déployer la nouvelle école capitaliste dans les années 1980, se saborde elle-même.
 »

Article de Christian Laval, professeur de sociologie à l’université de ParisX-Nanterre publié dans Télérama du 21 au 27 avril 2012


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