Loi Travail en Italie, bilan 1 an après

dimanche 12 juin 2016

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s travailleurs/ses, cher(e)s camarades,

Nous vous écrivons d’Italie : nous sommes des travailleurs/ses, des chômeurs, des étudiant(e)s et nous suivons très attentivement ce qui se passe actuellement en France à propos du projet de loi El-Khomri de réforme du code du travail.

Nous avons lu que votre gouvernement a cité plusieurs fois la réforme italienne du droit du travail, nommée « Jobs Act », comme un des exemples à suivre ; après un an d’application de cette loi, entrée en vigueur le 7 mars 2015, nous pouvons vous dire sans aucun doute : méfiez-vous !

Nous avons décidé de vous raconter ce qui s’est passé en Italie après l’introduction du Jobs Act : vous pouvez facilement l’imaginer, mais prenez quelques minutes pour nous lire !

Après un an, le taux de chômage a diminué mais il reste toujours très élevé : 11,6 % par rapport au 12,3 % du mois de Janvier 2015.
Le nombre des personnes retrouvant un emploi a augmenté de 217.000 personnes, mais le taux d’inactivité moyen est à 35,5 %.
Il y a eu une hausse des CDI surtout vers décembre 2015, mais en réalité ce n’est que le résultat de la subvention accordée aux employeurs pendant l’année précédente aux nouveaux CDI, jusqu’à 8060 euros par an, pour trois ans ; la subvention étant terminée, en janvier 2016, le nombre de nouveaux CDI activés a été inférieur au nombre de CDI interrompus : 39,5 % en moins de CDI par rapport à Janvier 2015.
En conclusion nous n’avons gagné presque rien : qu’est-ce que nous avons perdu ?
Avant le Jobs Act
, si les prud’hommes décidaient que notre licenciement n’était pas motivé par une raison « réelle et sérieuse », nous étions réintégrés dans notre poste de travail ; après le Jobs Act, nous n’avons que le « droit » à une indemnisation plafonnée, 4 mois minimum, 24 mois maximum.
Les patrons ont gagné le droit de nous contrôler partout, avec des caméras et des micro-chips ; ils peuvent nous commander de faire un travail ne correspondant pas à nos missions ; ils peuvent nous payer avec des « vouchers » - une sorte de bons émis par l’État avec une valeur de 10 euros brut, 7.50 net sans contrat, presque sans contribution, qui en bref légalisent le travail au noir. En 2015 on a vendu 115 millions de vouchers, 9.2 millions pendant janvier 2016, soit 36% de plus que l’année précédente : seulement la précarité a augmenté considérablement !
Nos salaires ont diminué, notre droit à la retraite a presque disparu, on assiste au démantèlement continu de la santé publique et de tous les autres services : dorénavant on aura de plus en plus de difficultés même à lutter, car même les droits syndicaux aussi ont été attaqués, et les licenciements faciles constitueront une véritable menace à l’organisation libre des travailleurs/ses.
Pour toutes ces raisons-là nous sommes avec vous dans votre lutte ; nous voulons vous exprimer toute notre solidarité militante dans la résistance que vous allez porter contre ce projet ; pour ce que nous pouvons faire, nous donnerons le maximum de visibilité à vos prochaines actions de lutte.
http://www.clashcityworkers.org/int...


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