LETTRE SUD vendredi 6 décembre

vendredi 6 décembre 2013


  1) Construisons une alternative à la réforme Peillon

 
La réforme Peillon nous est vendue comme la réforme des rythmes de l’enfant mais elle ne prend pas ou peu en compte la réalité de celui-ci: pas de grand changement au niveau de la journée, de l’année, des programmes ni des effectifs de classe...Le temps non contraint où l’enfant peut évoluer à sa guise n’est pas pris en compte. La semaine est réorganisée sans tenir compte de l’avis des scientifiques.
L’école aujourd’hui est calquée sur le monde du travail: l’école primaire et encore plus l’enseignement secondaire sont basés sur un temps mécanique, répétitif (cours de 45 minutes par exemple).
Les élèves sont confrontés à des cadences de travail trop importantes. La nécessité de changer l’école afin d’en faire un lieu de bien-être et d’épanouissement et d’en revoir les rythmes pour laisser du temps aux apprentissages est évidente.
 
Mais, malgré les journées d’action les plus récentes, le 14 novembre puis le 5 décembre, le ministre veut coûte que coûte appliquer sa réforme même si élèves, enseignants, parents, animateurs, ATSEM, mairies…ne s’y retrouvent pas.
Il est vrai que les personnels qui se sont mobilisés sont trop peu nombreux pour imposer le rapport de force nécessaire !
Faut-il attendre que les 80% des écoles qui vont passer aux 4 jours et demi à la rentrée prochaine se rendent compte des difficultés pour imposer la réécriture de ce décret ?
 

Une marchandisation du temps éducatif

 
Cette réforme n'est, en fait, que la marchandisation d’un temps éducatif : elle offre un temps d'intervention, hors éducation nationale, aux associations diverses et variées, aux professionnels du privé, dans certains cas, ou, tout simplement, une simple garderie parfois payante.
Le projet Peillon génère de grandes inégalités dans l'offre éducative selon les territoires : communes riches/commune pauvres, rurales/urbaines, priorités politiques des municipalités...
Nous voulons que l'égalité dite « républicaine » soit assurée partout, que tous les élèves aient la même formation. Un encadrement national des activités périscolaires est nécessaire, définissant des champs d'activité obligatoirement proposés à tous les élèves, quelles que soient les variables locales.
Dans le projet Peillon, rien n'interdit aux associations à caractère religieux d'intervenir dans le cadre du « périscolaire ». Nous exigeons que la laïcité soit assurée dans les écoles.
Pour pouvoir fonctionner, le projet Peillon va multiplier les emplois précaires. Nous refusons la précarisation des emplois et voulons des personnels formés ainsi que des emplois statutaires.
Dans le projet Peillon, la multiplication des interventions extérieures sur des temps courts ne permet plus de promouvoir une vision globale de l'éducation. Le morcellement des activités empêche une réelle approche transversale des acquisitions à l'école.

Nos propositions


 Pour lutter contre les inégalités entre les territoires, l’Éducation doit rester nationale. Ce qui n’empêche pas l’apport d’intervenant-es extérieur-es !
Vouloir réformer les rythmes scolaires nécessite une réflexion plus large sur l'école et impose de :
- réduire les effectifs par classe
- repenser les programmes, revoir les contenus pour laisser du temps à la manipulation, l'expérimentation, la recherche...
- inscrire dans les programmes la possibilité du travail coopératif, de la pédagogie de projet...
- différencier le temps de travail des PE devant élèves du temps d'enseignement pour les élèves. Pour les PE : 18 h devant élèves + 6 h de concertation, travail en équipe... sans porter atteinte au principe de polyvalence qui permet une vision globale du fait éducatif. Conséquences : plus de PE que de classes, plusieurs PE par groupe élèves, renforcement du travail en équipe, regard croisé sur les élèves et les pratiques...
- différencier le temps et les activités selon l'âge des enfants.
- Repenser les horaires du matin en aménageant un temps d'accueil suffisamment long pour une mise en route en douceur.

Poursuivre la réflexion

À Sud éducation, nous voulons aussi réfléchir à une autre école dans une autre société. Sur la question des rythmes scolaires et des rythmes des enfants, il faut s'enrichir des travaux de la recherche (chronobiologie, chrono-psychologie, sciences de l’éducation...) et de l’expérience suédoise.
- Adapter la journée au rythme de l'enfant : temps de repos, temps calmes, « temps pour ne rien faire»... On ne pourra réellement réduire la journée des enfants que lorsque la journée de travail de leurs parents sera réduite.
- Organiser la semaine autrement : 5 voire 6 jours. Pourquoi pas une possibilité pour les élèves et les familles de choisir entre le mercredi et le samedi matin, par exemple sous forme d'inscription à des ateliers ?
- Ne pas dépasser 7 semaines de travail d'affilée.
- Repenser l'année : des vacances plus longues l'hiver quand la fatigue est plus grande, plus courtes l'été ?
- Donner du temps pour les apprentissages : notion de cycle (2 à 4 ans par cycle, sans pénalité pour les élèves), classe multi-âge

2) Campagne unitaire contre l'extrême droite

(Ses idées, ses pratiques)


Lancement de la campagne unitaire des organisations syndicales et étudiantes CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL Unitaires contre l'extrême droite, ses idées, ses pratiques.

Communiqué commun CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL
Les absences de réponses aux questions sociales vécues par les salariés, les privés d’emploi, les retraités mais aussi les jeunes ainsi que la crise avec ses conséquences dramatiques  fournissent un terreau exploité par l'extrême droite. Les politiques d'austérité génèrent une aggravation du chômage, le développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et des processus d’exclusion. Cela accroît la désespérance sociale.
Lire la suite sur : http://www.sudeducation12.org/a-la-une/article/campagne-unitaire-contre-l-extreme

3) Les mesures antisociales continuent

 La gauche poursuit les mesures antisociales dans la droite ligne du précédent quinquennat, et fait même parfois pire :

  • Retraite à 67 ans,
  • hausse de la TVA,
  • cadeaux de plusieurs milliards d’euros aux entreprises,
  • détricotage du droit du travail…

 
Principal fait d’arme, la reforme Ayrault  sur les retraites, qui, en augmentant la durée de cotisation à quarante-trois ans, ouvre de fait la voie à la capitalisation. Pour toute riposte : deux, manifestations de quelques dizaines de milliers de personnes…C’est François Fillon qui doit être jaloux ! Il y a trois ans, il s’était mis la France entière sur le dos pour moins bien que ça.
 
Toujours dans la rubrique « plus fort que Sarkozy », qui renonçait en son temps, à « généraliser le travail de dimanche » et à supprimer sèchement les 35 heures, voila Ayrault qui veut faire « évoluer les choses » sur le repos dominical. Et qui a fait voter au printemps dernier la loi sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi, autorisant, dans certains cas, l’augmentation du temps du travail à salaire inchangé afin « de réduire le coût horaire du travail, pour gagner en compétitivité », ou, comment la gauche a inventé le « travailler plus, sans gagner plus ! ».
 
Mais ce n’est pas tout : le citoyen verra les prix augmenter à partir du mois de janvier 2014 à cause de la hausse de la TVA, et cela pourquoi ? Pour financer entre autres, les 20 milliards d’euros versés aux entreprises sans la moindre contrepartie. Même les plus libéraux n’avaient pas osé !
 
C’est qu’une majorité socialiste qui fait les reformes de l’UMP a un avantage imparable : déstabiliser et donc museler le citoyen !



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