Education prioritaire : la Réforme accouche d’une souris !

vendredi 24 janvier 2014

Education prioritaire : la Réforme accouche d’une souris !

 
1) Les quelques améliorations promises: seulement pour les ECLAIR !

 Le texte du ministère :
“Du temps sera dédié à la formation, au travail en équipe et au suivi des élèves dans les réseaux les plus difficiles :
au collège : une heure et demie par semaine
en primaire : 9 jours par an” (mesure 7)
Un infirmier scolaire supplémentaire dédié aux écoles et un assistant social, dans les réseaux les plus difficiles (mesure 14)
Une rémunération véritablement attractive permettra de stabiliser les équipes de l’éducation prioritaire. Dans les réseaux les plus difficiles, l’indemnité d’exercice en éducation prioritaire sera doublée et dans le reste de l’éducation prioritaire, elle sera majorée de 50%.” (mesure 9)

 Les annonces du Ministère le 16 janvier ne doivent donc pas faire illusion.

Une grande majorité des enseignant-es travaillant dans l’éducation prioritaire ne seront pas concerné-es par les quelques promesses de cette réforme en terme de décharge de temps de travail ( en primaire 9 jours par an, en collège 1h ½ par semaine), d’augmentation de la prime ou de recrutement de personnels santé-sociaux supplémentaires !

Seul-es les enseignant-es des futur REP + (réseaux les plus difficiles, actuels ECLAIR ?), soit 1/3 de l’éducation prioritaire, sont concerné-es !

EP +, les
2) Les REP deviennent l’étendard de l’école libérale et managériale

L’affectation des enseignants pourra avoir lieu sur la base du volontariat sur des postes spécifiques (affectation au barème après entretien et après avis de la commission administrative paritaire)”. Mesure 9

La logique du recrutement sur des postes profilés c’est l’individualisation du recrutement et de la carrière : c’est la porte ouverte aux collusions d’intérêts, à la soumission aux directives hiérarchiques et au pouvoir des chefs d’établissement sur les personnels.

 Afin de donner aux réseaux une souplesse financière pour mener à bien des projets qui nécessitent du matériel léger, l’intervention de partenaires ou l’organisation d’évènements, chaque académie disposera d’une ligne budgétaire dédiée à l’éducation prioritaire, à mobiliser en fonction des projets.” Mesure 11

 Vous voulez de l’argent pour votre école, pour votre collège? Montez des projets. Vous n’êtes pas assez “dynamiques”, vous ne voulez pas passer votre temps à faire de la paperasse et des réunions ? Tant pis pour vous, vous aurez moins que les autres. Ce qui est en jeu ici, c’est la contractualisation des moyens alloués par l’académie, dans le cadre de la concurrence entre établissements.

En réalité la réforme va empirer la situation des salarié-es de l’éducation prioritaire. En effet, elle renforce le pouvoir de la hiérarchie administrative en laissant la possibilité au recrutement sur profil et avec entretien. Elle contraint les enseignant-es à faire toujours plus de zèle pour que leur école ou établissement garde ses moyens. La contractualisation de moyens académiques est inacceptable, car elle va mettre les établissements en concurrence entre eux, en suscitant toujours plus de pression pour les personnels. Pour la réforme, l’éducation prioritaire devient un nouveau laboratoire de l’école libérale et managériale, avec son cortège inévitable de souffrance au travail.

 
3)
La réforme: chantage à la pédagogie (...celle du socle commun et du tout-numérique !)

Un enseignant référent encadre les élèves deux heures par semaine dans des activités d’accompagnement scolaire en ligne, individualisé et interactif, fondé sur un disposi!f numérique innovant. Un site ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 propose aux élèves de prolonger l’accompagnement hors de l’établissement grâce à des ressources numériques accessibles depuis son domicile.” (mesure 4)

 Le numérique recette miracle pour faire réussir les élèves? Ou alors aubaine financière pour l’industrie informatique? Un logiciel remplace t-il des profs? Et quid du coût d’accès à l’infor matique pour les familles ? Quelle charge de travail supplémentaire pour les enseignant(e)s? Quels moyens, notamment humains, alloués à l’installation et à la maintenance de nos réseaux vétustes?

 « Des experts de terrain, pilotés par les corps d’inspection, viendront conseiller les équipes et animer les échanges. Ces équipes de formateurs seront partiellement déchargées de leur service d’enseignement et bénéficieront de formations de formateurs.” (mesure 8)

 La formation entre pairs? On est pour. Mais ici, c’est simplement un moyen en plus pour l’inspection pour faire passer ses “recettes miracles” censées améliorer les conditions d’apprentissage de nos élèves, et contrôler qu’elles soient bien appliquées.

 “Un pilotage renforcé à tous les niveaux. Un comité de pilotage national permettra d’assurer la cohérence et la continuité de la politique d’éducation prioritaire. Un conseiller technique sera nommé auprès de chaque recteur et dans les départements concernés par un nombre significatif de réseaux. Au niveau local, les comités de pilotage de réseau seront relancés et chaque réseau disposera d’un coordonnateur de réseau dédié, recruté sur profil. »

 Des experts toujours plus éloignés du terrain viendront pour nous dire ce qu’il faut faire. La solution aux difficultés des ZEP viendrait donc de l’inflation bureaucratique ! Ces “conseillers techniques”, ces “coordonnateurs de réseau” viendront nous expliquer que ces difficultés viennent des pratiques pédagogiques et non des seuils de classe...

 
4) Les moyens déployés sont de toute manière insuffisants

“La scolarisation des enfants de moins de 3 ans sera progressivement assurée dans l’ensemble des réseaux de l’éducation prioritaire” (mesure 1)
“chaque école en éducation prioritaire bénéficiera d’un poste « plus de maîtres que de classes »” (mesure 2)

 Les moyens alloués à l’Académie de Toulouse pour 2014-2015, ne  parviendront pas à couvrir la hausse démographique. De ce fait, les heures allouées au “plus de maître que de classes” comme à la scolarisation de moins de 3 ans, risquent fort d’être utilisées pour compenser le manque de moyens. Et quels seront les moyens alloués pour l’éducation prioritaire en Aveyron avec une suppression de 4 postes sur le département pour une hausse d’effectif de plus de 50 élèves ?

 Rien sur les seuils de classe ! Rien sur les RASED ! Les moyens mobilisés pour cette réforme sont insuffisants !
Le Ministère ne dégage en effet que 350 millions sur plusieurs années, dont 100 millions pour la première année. A titre de comparaison, le plan de modernisation du rafale financé par l’Etat est de plus d’1 milliard. Et le gouvernement fait cadeau aux entreprises de 30 milliards d’euros en supprimant les cotisations familiales, le déficit devant être comblé par une réduction des dépenses publiques. En appliquant à la lettre le programme du MEDEF, le gouvernement a fait un choix politique. Et ce n’est pas celui de donner des moyens à l’éducation prioritaire.


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