Consultation sur les programmes de l’école primaire du 23 septembre au 18 octobre 2013

lundi 14 octobre 2013

 

 

 

 

Sud Education vous livre ses commentaires :

 Afin de faciliter l’analyse des contributions à la consultation nationale, il vous est proposé de suivre le guide de questionnement suivant :

Les programmes de l’école sont en application depuis la rentrée de l’année scolaire 2008-2009. Après cinq ans de mise en œuvre, quels sont selon vous les principales qualités et les principaux défauts de ces programmes ? (Vous pouvez évoquer leurs finalités, leur faisabilité, les conceptions didactiques et pédagogiques qui les sous-tendent, l’articulation avec les compétences du socle commun, la continuité école-collège, les découpages par domaine d’enseignement, par cycle et les repères annuels)

 

Personne n’a oublié la « concertation » sur les programmes organisée en 2008 par M. Darcos : pendant que les enseignants réfléchissaient, les rotatives des imprimeurs tournaient à plein régime pour sortir les nouveaux manuels ! L’adjectif « nouveaux », qui qualifiait ces programmes, était aussi une funeste plaisanterie, tant certains passages semblaient du pur « copié/collé » des IO de 1923.

Ce texte est mauvais par le fond et par la forme, truffé de confusions, de notions obsolètes et d’erreurs manifestes.

Heureusement, ces notions sont en général suffisamment ambiguës, voire contradictoires, pour permettre aux enseignants soucieux de bien faire leur travail de rester en cohérence avec eux-mêmes, sans se mettre hors la loi. Un certain nombre d’erreurs pédagogiques ont pu être atténuées grâce au chapitre sur l’école maternelle. La méconnaissance apparente de cette école par les auteurs des programmes 2008 a permis de conserver le maximum de choses intelligentes de la loi de 1989. Enfin, certains principes et notions de la loi de 1989 sont aussi restés, comme le travail par cycles, la notion de projet d’école, et même celle d’expériences pour les enfants, autant d’abris pour se protéger des idées obsolètes et continuer à travailler intelligemment.
En lisant les programmes de 2008, on est frappé par la focalisation sur les savoirs, faisant disparaître complètement l’enfant, en tant que personne et acteur des apprentissages. Il n’est présent que sous la forme du résultat à obtenir. Un indicateur précieux de l’idéologie qui sous-tend un texte, ce sont les mots employés. Or on s’aperçoit que le vocabulaire récurrent tourne autour de quatre verbes révélateurs : écouter, mémoriser, réciter, appliquer, complétés par l’incontournable «  contrôler  ». Ce qui définit une conception mécaniste et conditionnante des apprentissages.
On peut objecter que le verbe « comprendre » y est souvent présent. Le problème, c’est qu’il est employé essentiellement au passé : « avoir compris ». Il faut ajouter à cela des confusions de notions et une longue liste d’erreurs commises dans ce texte...


Un texte un peu plus rigoureux et précis, respectant le principe, démocratique par excellence, de la liberté pédagogique est attendu avec impatience par le monde enseignant.

Quelles sont les parties des programmes dont l’application vous a semblé difficile, pourquoi ? (précisez le cycle et le domaine d’enseignement considéré)

Le plus élémentaire respect des enfants, mais aussi celui des chercheurs qui ont travaillé durant quarante ans et plus sur les moyens de rendre l’école efficace, rend ces programmes impossibles à appliquer.

Quels sont les éléments que vous souhaiteriez voir conservés ? (précisez le cycle et le domaine d’enseignement considéré)


Aucun. Il ne s’agit pas de faire du tri sélectif sur telle ou telle compétence. Il s’agit de rejeter dans sa globalité ces programmes réactionnaires et simplistes qui nient toute intelligence. Non, nous ne repêcherons pas la copie de M. Darcos et de ses amis anti-pédagogistes. Ne perdons pas notre temps à éplucher des programmes d’un autre temps, avançons dans la réflexion sur les nouveaux programmes.

Quelles sont vos suggestions pour les prochains programmes ?

Il faut que les « champs lexicaux » du nouveau texte changent d’orientation : que la tétralogie de ces « programmes 2008 » : écouter, mémoriser, réciter, appliquer, soit remplacée par celle-ci : construire pour savoir, réinvestir, utiliser, un peu plus en accord avec ce qu’on sait du fonctionnement des enfants et des processus d’apprentissage. Ils devraient cesser de confondre « erreur » et « faute ». En matière d’apprentissage, une erreur n’est jamais une faute. Elle est non seulement normale, puisque l’enfant est en train d’apprendre ce qu’il ne sait pas encore, mais elle est indispensable au progrès. Ils devraient aussi être un peu plus informés de l’état des connaissances actuelles, notamment en matière de maîtrise de la langue.


Il faut affirmer bien haut que le métier d’enseigner est un jeu à deux, entre l’élève et l’enseignant. Qu’apprendre, ce n’est pas recevoir, c’est faire évoluer ce qu’on sait déjà. Et enseigner, c’est réunir les conditions pour provoquer cette évolution.

Pour de bons programmes, il serait judicieux d’affirmer, que pour réunir les conditions de la réussite de chacun, il importe de prendre en compte les trois composantes de l’acte d’apprendre : l’affectif, le cognitif et l’opératoire.
Car un enfant ne peut apprendre que s’il est en sécurité affective. Il faut que les évaluations ne soient ni une punition, ni une récompense, ni un jugement, mais une mesure des progrès des élèves, et une information sur les moyens d’améliorer leurs savoirs.
Car un enfant ne peut apprendre que s’il comprend à quoi sert ce qu’il est en train d’apprendre, et pourquoi c’est nécessaire.
Car tout apprentissage est assorti d’un savoir faire, permettant à l’enfant de se servir de ce qu’il a appris dans des situations différentes de celles qui ont permis cet apprentissage. C’est ce qu’on appelle « réinvestir » les savoirs acquis, notion sans rapport avec des exercices d’application mécaniques !
La tâche d’un enseignant n’est pas seulement que les élèves acquièrent les savoirs attendus par l’Institution, elle est aussi (et surtout ?) qu’il sache rendre ces savoirs disponibles. Pourtant, c’est une dimension du travail d’enseignement rarement évoquée dans les programmes et dans les formations. Ce serait bien si, enfin, le changement était là... au moins sur ce point !


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