Le livret personnel de compétences : A qui profite-t-il ?

lundi 4 juin 2012

C’est une exigence des patrons européens !

Sous l’impulsion de l’ERT (table ronde des industriels), de l’OCDE et de la commission européenne , la mise en place du LPC, programme éducatif de l’OCDE, répond aux seules exigences du patronat .
Il tend à la suppression des grilles de qualifications des conventions collectives. Le gouvernement a par ailleurs instauré un « passeport d’orientation et de formation pour les travailleurs », qui a le même contenu que le LPC et ne fait donc que le prolonger ! L’employeur pourra de la sorte tout savoir sur ceux qu’il souhaite embaucher et pourra ainsi les sélectionner en connaissance de cause, comme il achète des produits ou des machines… Ce n’est pas sans rappeler « le livret ouvrier », mis en place pendant la Révolution Française de 1789, outil de contrôle et de restriction de la libre circulation des ouvriers, aboli par la troisième République.

Il faut différencier « évaluation par compétence » et « pédagogie par compétence » !

L’institution ne considère les compétences que sous l’angle de l’évaluation alors qu’elles sont pour les enseignants à prendre sous l’angle de la pédagogie, en ne reléguant pas les savoirs au rang d’outils mais en les réaffirmant comme une des composantes essentielles de l’école. L’utilisation et le réinvestissement des savoirs dans la résolution de tâches complexes est bien sûr un des objectifs de l’enseignement.

Toutes les compétences ne peuvent pas être évaluées !

L’éducation doit s’impliquer davantage dans la formation du futur citoyen. Mais l’école ne peut évaluer des compétences qui n’auraient pas été travaillées tout au long de l’année. A la fin du CE1, l’élève aura été jugé sur 48 items et sur 110 à la fin du CM2. Quand sera-t-il possible d’enseigner si on passe son temps à évaluer ? Les compétences « sociales et civiques », celles de « communication » ou « d’autonomie et d’initiative » sont sûrement plus développées quand on est issu d’un milieu social favorisé. Les évaluer sans un travail préalable donnerait un poids inacceptable à l’origine sociale des élèves : ce n’est pas cela l’école de la République !

Le LPC est un véritable outil de fichage !
Devenu subrepticement une application numérique depuis janvier 2010, le LPC n’est donc pas un outil pédagogique. Les données personnelles qu’il contient sont exportables sur n’importe quel fichier de n’importe quel service : la mobilisation des parents et des enseignants avait permis le retrait des compétences des données enregistrées sur Base-Elèves, elles reviennent grâce au LPC !

L’instauration du livret personnel de compétences poursuit des fins économiques et policières et n’est nullement conforme à la vocation de l’école publique !
Le LPC est un fichage informatique d’une nature et d’une ampleur jamais imaginées : celui des compétences depuis la petite enfance et tout au long de la vie !

Le LPC constitue pour les personnels une surcharge de travail bureaucratique non rémunérée !
Ce livret est non seulement inutile, mais préjudiciable au travail pédagogique des enseignants et à l’instruction des élèves !
L’absurdité de nombreux items du LPC en rend la validation impossible !

Pour toutes ces raisons, SUD éducation appelle tous les personnels de l’éducation à refuser collectivement la mise en place du LPC !


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