La D.G.H. pour la rentrée 2014 « rien ne va plus » !

vendredi 14 février 2014

La révélation des DHG dans les établissements du second degré a été un choc de vérité pour la communication du ministre.
Comme les années précédentes, partout la part des HSA augmente par rapport aux heures-postes, et la dotation globale diminue parfois brutalement, jusque dans les établissements REP+. Même lorsque la DHG reste stable, le taux d’encadrement se détériore car la démographie continue à progresser.

Ce sont des heures-postes à la hauteur des besoins
que les dotations doivent être faites !

Les HSA ne doivent servir qu’à la marge pour compléter les TRM, et non devenir un outil de mise en concurrence des équipes soumises aux « projets » locaux et éphémères.

Comme le tout-indemnitaire proposé dans le cadre des groupes de travail « métiers », la multiplication des heures supplémentaires sert aussi à masquer la dégradation des rémunérations : l’augmentation des cotisations réduit le revenu disponible des personnels, notre pouvoir d’achat est en baisse continue, la soi-disant revalorisation était un trompe-l’œil... et maintenant le ministre envisage le gel pur et simple des salaires ?

Ces sacrifices ne servent même pas à financer la création de vrais postes, mais plutôt de dispositifs comme les EAP : des contrats précaires de droit privé, dont la rémunération est inférieure à celle des autres emplois d’avenir.

Est-ce une façon positive d’entrer dans l’éducation, d’encourager les étudiant-e-s qui s’y destinent ? A moins que cela ne soit au contraire une façon de les préparer à faire partie des bataillons de précaires auxquels l’éducation nationale a recours ?

Les admissibles-contractuels du concours 2013-2, qui assurent déjà des taches d’enseignement mais peuvent quand même être recalé-e-s lors de l’oral qu’il leur reste à passer, risquent également de faire les frais de cette gestion cynique.

Pour eux comme pour tou-te-s les contractuel-le-s, nous revendiquons la titularisation sans condition de diplôme ni de nationalité, et pour les générations suivantes, un revenu socialisé pour tou-te-s les jeunes en formation et un véritable pré recrutement de 2 ans dès Bac+3 pour les futur-e-s enseignant-e-s.

Ce mépris des personnels n’est cependant pas réservé aux jeunes recrues.
Les conditions de transformation des STI en STI2D ont été inadmissibles  : on a empêché des collègues de faire ce qu’ils savaient faire, pour les obliger à exercer dans des champs différents de leurs compétences.

C’est un management à la France Télécom, avec les mêmes résultats : des situations de souffrance allant malheureusement parfois jusqu’au suicide. Il est incroyable qu’il faille de telles tragédies pour susciter une réaction de l’institution.

Face à l’ampleur des dégâts, le CHSCT ministériel a demandé, outre des mesures de suivi et d’accompagnement des personnels, non une simple information régulière du comité technique, ou des ajustements à la marge dans le cadre des groupes de travail de la DEGESCO, mais bien « l’ouverture immédiate d’une négociation sur la réforme de STI ».

Cette discussion doit avoir lieu car en plus des effets destructeurs de la réforme pour les personnels, l’organisation des enseignements et les modalités d’évaluation des élèves (contrôle en cours de formation et épreuve finale contestée) sont à revoir.

Enfin, la « priorité au prioritaire » affichée par le ministre ne fait pas exception, mais résume au contraire toutes les tendances précédentes.

La continuité avec le gouvernement précédent est là encore frappante :

• Augmentation des embauches de contractuel-le-s,
• explosion du nombre de contrats aidés sur des temps partiels imposés, non-titularisation des AVS,
• recrutements sur entretien, contractualisation des moyens alloués...
• Quelques mesures allant dans le bon sens ne concerneront que 100 REP+ à la rentrée 2014 sur 350 ECLAIR existants !

Il n’y aura pas de véritable refondation sans une rupture nette avec les évolutions libérales des années passées et un engagement financier réel.

Dans une situation où rien ne change en profondeur, ce sont encore une fois les enfants des milieux populaires qui payent la note et donc le droit à l’éducation pour tou-te-s.


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