Etat des lieux décembre 2010

jeudi 16 décembre 2010

Déclaration préliminaire de la liste d’Union – Conseil d’Administration du 14 décembre 2010

La liste d’Union du lycée Jean Vigo dénonce les réformes engagées dans l’Éducation Nationale qui se succèdent et qui sont dictées par la contrainte du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (la Révision Générale de Politiques Publiques, RGPP) et provoque une dégradation sans précédent et durable du système éducatif :
40.700 postes d’enseignants ont été supprimés depuis la rentrée 2008. Le budget 2011, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, prévoit 16.000 autres suppressions pour la rentrée prochaine (8.967 dans le primaire et 4.800 dans le secondaire, 600 dans l’administration et 1.633 dans le privé sous contrat),malgré l’augmentation prévue de 63400 élèves et, près de 1,45 milliard d’euros pour les heures supplémentaires rendues nécessaires pour assurer les classes. Le rapport des comptes vient de révéler que les 13.500 suppressions de postes de la rentrée 2009 ont permis d’économiser 396 millions d’euros (à comparer au 15 milliards que la suppression des niches fiscales pourraient rapporter). Mais , les 138 millions reversés en primes et les 120 millions en heures supplémentaires nous amènent à 138 millions d’économie réelle. Logique budgétaire ? Et/ou logique d’imposer peu à peu des heures supplémentaires et des personnels précaires non formés ? Gageons que l’indemnité de 6840 euros octroyée aux recteurs par un arrêté du 12 novembre 2010 qui tient « compte de la manière de servir et des objectifs atteints » ajoutées à l’indemnité dite fonctionnelle de responsabilité de 15 200 euros, sauront assurer un bon suivi des suppressions de postes. Et tout cela alors que lutter contre l’échec scolaire et la violence à l’école suppose plus d’adultes et plus d’éducation dans les établissements.
L’augmentation conséquente des effectifs de classe, particulièrement en maternelle, où nous dit-on le seuil de 32 élèves par classe ne saurait nuire à la qualité de l’enseignement (« peut-être globalement envisagée sans dégradation des résultats des élèves » selon le ministère), alors que la difficulté scolaire se traite avant tout par une pédagogie différenciée d’autant plus difficile à mettre en œuvre que les effectifs sont importants.
Dégradation de l’enseignement provoquée aussi par les baisses de postes au concours et par le recours obligatoire à des remplaçants précaires et peu ou pas formés : « Une piste d’optimisation du coût en emplois du remplacement réside dans le recours à des non titulaires en substitution à des titulaires pour assurer une part du remplacement, les non-titulaires présentant une ressource plus flexible dont le rendement est proche de 100% » assure la ministère.
La loi d’ « Orientation et de formation professionnelle tout au long de la vie » (OFPTLV) qui instaure un service unique d’information et de conseil assimile l’orientation scolaire aux missions d’emploi destinées aux adultes. L’orientation est bien plus complexe qu’un simple accès à l’information. « Elle a à voir avec la construction de soi, la formation de la personnalité, les déterminants sociaux, la confiance en soi, le rapport aux études et l’évolution des métiers et formations ». Cette loi entérine ainsi le transfert du travail des COP vers les enseignants non formés à cette tâche, qui au delà de la surcharge de travail, les place dans une situation difficilement tenable, notamment en terme d’objectivité puisqu’étant dans une relation d’évaluation avec les élèves. Avec les 15% des postes qui ne sont déjà pas pourvus, une cinquantaine de CIO sur 560 devant disparaître pour 2010/2011, il sera de plus en plus difficile pour les familles de dénicher un conseil gratuit en orientation .
A cela s’ajoute, la suppression des postes d’intervenants spécialisés du RASED, des rééducateurs. Les enfants ayant de forts problèmes comportementaux ou d’apprentissage ne recevront donc plus aucune aide spécialisée
Dans le second degré, les innovations introduites par la dernière réforme qui annonçaient la revalorisation des filières littéraires, scientifiques, économiques et sociales, ont débuté cette année pour certaines matières sans manuel, réduisent des heures en français, en maths , supprime l’histoire en teminale S, détruisent la cohérence de certains programmes en les réduisant à 1h30 semaine, mettant les enseignements dits « d’exploration » en concurrence, et imposant des emplois du temps qui dégradent le rythme scolaire.Une réforme qui installe le concept de « compétences » à la place de celui de « connaissances ».
La réforme de la « mastérisation » avec la disparition des écoles de formation des maîtres (IUFM) a placé les stagiaires assurant des postes à temps plein dans des conditions impossibles et d’épuisement, situation qui ne peut que nuire à la qualité de l’enseignement. La réduction de temps de formation des professeurs français avec la formation professionnelle continue réduite à peau de chagrin, va à l’encontre de l’exemple toujours mis en avant, du modèle finlandais dont la formation des enseignants est un élément clé de la réussite.
Fermeture des petits établissements ruraux alors que la circulaire Balladur de 1993, jamais abrogée, interdit la fermeture de la dernière classe d’une commune.
De moins en moins de scolarisation des enfants de moins de trois ans alors que toutes les études montrent les effets bénéfiques d’une scolarisation précoce dans les milieux les plus défavorisés
Le dispositif CLAIR ( collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) qui fonctionne sans moyens supplémentaires, conçu contre les ZEP (zone d’éducation Prioritaire) justement trop dotées aux yeux du ministère, présente tous les aspects de déréglementation des établissements, des statuts (invention d’un professeur ou CPE « préfet d’étude » suivi par un IA-IPR référent et qui sera intégré dans l’équipe de direction..), et de dérégulation des personnels (recrutement sur proposition des chefs d’établissement et engagement par lettres de mission sur 3 ans. Quid des professeurs qui ne s’engageraient pas ? ). Et les élèves ? Les préfets organiseront des entretiens individualisés d’évaluation chers aux tristes méthodes de management, recentrage sur des enseignements des matières du socle commun, et collaboration avec les équipes mobiles de sécurité. Et les parents ? Des ateliers débats et formations seraient proposés (par qui et avec quels moyens ???) afin de « développer leurs compétences ». Ce dispositif ne ressemble que trop à un laboratoire de déréglementation.

Mais soyons rassurés, il est prévu de construire une école plus accueillante, plus à même d’accueillir toutes les enfances maltraitées par la crise ; il est prévu, que tout cela se fasse « sans dégrader les performances globales. » Nos recteurs pourront se sentir pleinement sereins dans l’accomplissement de leur mission, et nous pouvons chasser toute inquiétude concernant l’avenir de notre système éducatif.


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