M. Cazeneuve, vous êtes notre cauchemar !

jeudi 2 juin 2016

Lettre ouverte à Bernard Cazeneuve (suite à l’article de la Dépêche du Midi
« Cazeneuve entre hommages et tension » du 28 mai 2016)
« Résister se conjugue au présent » Lucie Aubrac.

Monsieur Cazeneuve,
Vendredi 27 mai 2016, vous êtes venu à Millau pour des inaugurations et vous vous êtes offusqué des manifestations à votre encontre qui ont fait que votre cérémonie « a véritablement tourné au cauchemar » (Dépêche du Midi – 28 mai). Vous aussi, Monsieur Cazeneuve, vous êtes notre cauchemar ainsi que tout le reste du gouvernement auquel vous appartenez qui a trahi toutes ses promesses électorales et n’a cessé, depuis 4 ans, de faire le jeu du patronat.
En cassant actuellement le Code du Travail et en réprimant par la violence policière le droit à manifester, le gouvernement et vous, M. le ministre de l’intérieur, vous démontrez un autoritarisme indigne d’une démocratie qui se veut exemplaire !
En tant que ministre de l’Intérieur, vous menez une politique de répression inédite sous un gouvernement dit socialiste. Gaz lacrymogènes, flashballs et grenades d’encerclement sont votre conception du dialogue social. Vos manœuvres tentent de disqualifier la mobilisation citoyenne alors que la politique gouvernementale est responsable de l’escalade de l’exaspération populaire. Messieurs Hollande, Valls et Cazeneuve, vous devez prendre la seule décision qui vaille pour stopper nette la violation du droit que vous tentez d’imposer malgré le refus de l’opinion : retirer immédiatement le projet de Loi Travail. 

Pour information, nous relayons ici le Communiqué de presse de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) du 26 mai 2016

Inauguration de la plaque en mémoire des juifs raflés à Millau par les nazis et les services de police Française : nous étions, le mouvement social et l’Union Juive Française pour la Paix, le jeudi 26 mai. En mémoire de toutes les victimes du nazisme, en mémoire à tous les résistants qui se sont battus pour la liberté et nos droits sociaux !
voici le texte qui a été lu à ce moment là :

"Demain Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur vient baptiser l’école de Saint-Beauzély du nom d’un policier tué dans l’attentat de Charlie Hebdo.
En attribuant à une école le nom d’un policier, fut-il méritant, c’est instiller dans la tête des enfants que la police est là uniquement pour nous protéger.
Dans la même foulée, le ministre de l’Intérieur en profitera pour venir inaugurer cette
nouvelle plaque à la mémoire des familles juives de Millau qui ont été déportées (adultes et enfants) durant l’Occupation.
Bel exemple dans l’art du grand écart. Nous dénonçons cette attitude de détournement de mémoire à d’autres fins que celle de ne pas oublier.
Y aura-t-il une parole pour rappeler la responsabilité des forces de répression qui ont
prêté main forte à l’occupant parfois avec zèle pour arrêter ces familles, enfants compris.
Police de Vichy, certes, mais dont on retrouvera les effectifs et notamment la haute
hiérarchie jusqu’au sein de la Ve République.
Dans ces institutions, à Millau, combien étaient-ils parmi les combattants de la liberté
qui s’opposaient à l’ordre établi. À notre connaissance il n’y eut ici que le gendarme Egron qui ait rejoint la Résistance. Aussi nous en profitons pour saluer son geste et sa mémoire.
L’ existence de cette plaque est importante afin que les victimes ne tombent pas dans l’oubli.
Mais de cérémonies en commémorations, de sanctuaires en monuments aux morts,
quelle leçon en est tirée à chaque fois. Cela a-t-il fait régresser les guerres et leur cortège d’horreurs ?
Si l’histoire est importante pour éclairer le présent elle ne doit pas le masquer ou
le dévoyer. De même qu’on ne peut se servir de cette histoire pour couvrir la politique
d’apartheid de l’État israëlien et criminaliser ceux qui s’y opposent.
Certains juifs en Israël-même combattent ce régime et son gouvernement d’extrême droite qui chaque jour, tire sur des enfants ou les enlève à domicile et les torture.
En ce mois de mai 2016, 438 enfants palestiniens sont emprisonnés.
Ces juifs qui résistent, ces véritables justes, d’aujourd’hui dont l’Histoire se souviendra
disent : « Pas de crimes en notre nom ».
Quant à la politique actuelle de la France vis-à-vis des étrangers, comment le gouvernement auquel vous appartenez et le ministère que vous dirigez, monsieur Cazeneuve, peuvent-ils renvoyer les migrants à leur misère ou dans leur pays en guerre sachant que c’est les livrer à des situations cruelles et pour certains à une issue mortelle.
C’est pour ces raisons que nous, militants associatifs, politiques, syndicalistes ou simples citoyens animés par un esprit d’humanisme, avons tenus à être présent ici-même pour affirmer que la mémoire de ces familles n’a pas à être récupérée à des fins partisanes ou de propagande.
Cette mémoire n’appartient pas en particulier plus à vous qu’à nous.
Cette mémoire appartient à l’Histoire commune.
Et pour terminer,
pourquoi ne pas reprendre les termes de la grande résistante que fut Lucie Aubrac :
« Résister se conjugue au présent »."
Union Juive Française pour la Paix


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